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                                                                                 Transcription de l'épisode "L'Appel du Dragon"






Merlin se dirige vers Camelot.

Voix-off : « Aucun jeune homme, quelle que soit sa valeur, ne peut connaître son destin. Il ne peut pas entrevoir le rôle qu'il jouera dans la grande histoire qui commence. Comme tout un chacun, il doit apprendre jour après jour ; et il en sera ainsi pour le jeune magicien qui arrive aux portes de Camelot. Un garçon, qui un jour, donnera naissance à une légende. Son nom ? Merlin. »


GENERIQUE


CAMELOT


Merlin arrive à Camelot. Il se dirige vers la cour du château, là où la foule se rassemble pour une exécution.


Uther (s'adressant au peuple, de son balcon) : Que ceci vous serve de leçon à tous! Cet homme, Thomas James Collins, a été déclaré coupable d'utiliser des enchantements et de la magie. Et conformément aux lois de Camelot, moi Uther Pendragon, j'ai décrété que de telles pratiques sont proscrites et la peine encourue est la mort. Je m’enorgueillis d'être un roi juste et équitable, mais pour le crime de sorcellerie, il n'y a qu'une seule sentence que je puisse prononcer. (le roi fait signe au bourreau) Quand je suis arrivé ici, ce royaume était embourbé dans le chaos, mais avec l'aide de mon peuple la magie a été chassé du royaume. J'ordonne donc une grande fête pour célébrer le vingtième anniversaire de la capture du Grand Dragon, et de notre délivrance de tous les maux de la sorcellerie. Que les célébrations commencent ! (le roi s'apprête à partir, mais une vieille femme s'avance en pleurant)

La vieille femme : Il n'y a qu'un seul mal dans ce pays, et ce n'est pas la magie ! C'est vous... Avec votre haine et votre ignorance. Vous m'avez pris mon fils, et je vous en fais la promesse solennelle : avant que cette fête ne soit terminée, vous partagerez mes larmes. Ce sera œil pour œil, ce sera dent pour dent, ce sera fils pour fils !

Uther (s'adressant à ses soldats) : Saisissez-là !

La vieille femme prononce une formule magique et disparaît devant le roi et le peuple ; Merlin se dirige vers l'intérieur du château.


CAMELOT (INTERIEUR)

Merlin (s'adressant à un garde) : Où puis-je trouver Gaius, le médecin de la cour ?

Le soldat : Par là !


CAMELOT (APPARTEMENT DE GAIUS)


Merlin (en entrant dans les appartements du médecin) : Y a quelqu'un ? Y a quelqu'un ? (s'avance, lève la tête et aperçoit Gaïus) Gaïus ? Hum, hum !


En se retournant, le médecin tombe, mais Merlin utilise la magie pour le réceptionner sur son lit.


Gaïus (à Merlin) : Mais qu'est-ce que... Mais qu'est-ce que tu viens de faire ?

Merlin (hésitant) :  Euh...

Gaïus : Dis-le moi !

Merlin : Oh, je...je... Je n'sais pas c'qui s'est passé !

Gaïus : Si quelqu'un avait vu ça...

Merlin : Oh, non, non ! Ça n'a rien à voir avec moi ! C'était simplement...

Gaïus (lui coupant la parole) : Oh, je sais c'que c'était, je veux juste savoir où tu as appris à le faire.

Merlin : Nulle part !

Gaïus : Alors comment connais-tu la magie ?

Merlin : J'la connais pas.

Gaïus : Où as-tu étudié ? … Réponds-moi !

Merlin : J'ai... J'n'ai jamais étudié la magie, ni reçu le moindre enseignement.

Gaïus : Est-ce que tu me mens mon garçon ?

Merlin : Que voulez-vous que je vous dise ?

Gaïus : La vérité!

Merlin : Je suis né avec cette faculté.

Gaïus : C'est impossible ! (se tourne puis regarde à nouveau Merlin) Qui es-tu ?

Merlin : Oh, j'ai ici une lettre. (prend un papier dans son sac à dos) La voici, tenez.

Gaïus (en prenant la lettre) : Hum... pas la peine, je n'ai pas mes lunettes.

Merlin (en souriant) : Je suis Merlin.

Gaïus : Oh, le fils de Hunith ?

Merlin : Oui !

Gaïus : Mais tu ne devais pas arriver avant mercredi ?!

Merlin (étonné) : On est mercredi...

Gaïus : Ah... Ah, très bien. Alors tu ferais mieux de mettre ton sac là dedans (il se
retourne, et lui indique une porte).

Merlin (commence à marcher puis se retourne) : Mais, vous... Vous ne direz rien à propos de...

Gaïus : Non. Bien que... Merlin ! Je devrais dire... merci.


Merlin entre dans sa nouvelle chambre, puis regarde par la fenêtre de celle-ci et admire la vue en souriant. Gaïus lit la lettre de la mère du jeune magicien. Voix-off d'Hunith : « Mon cher Gaïus, je me tourne vers vous car je me sens perdue et seule au monde, et je ne sais plus à qui me fier. C'est le destin de chaque mère de croire que son enfant a des dons particuliers, et pourtant je donnerai ma vie pour qu'il n'en soit pas ainsi avec Merlin. Notre village est petit, et visiblement Merlin est en si mauvais termes avec ses habitants, que s'il devait rester ici, je ne sais pas ce qu'il adviendrait de lui. Il a besoin d'une main qu'il puisse tenir, d'une voix qui le guide, de quelqu'un qui l'aide à trouver un usage de ses dons. Je vous supplie, si vous comprenez l'amour qu'une mère porte à son fils, de le garder à l'abri du danger. Et que Dieu vous protège tous les deux. ».


CAMELOT (COULOIR)


Morgane regarde à travers une fenêtre. Le roi Uther se dirige vers elle.


Uther : Morgane !

Morgane (se tournant vers lui) : Oui ?

Uther : Qui a-t-il ? Pourquoi ne venez-vous pas faire la fête avec nous ?

Morgane : Je ne trouve pas que la décapitation de quelqu'un soit un motif de célébration. Cette pauvre mère...

Uther : Ce n'était que justice pour ce qu'il a fait !

Morgane : A qui a-t-il fait du mal ? Il pratiquait la magie, il n'a causé de tort à personne !

Uther : Vous n'étiez pas là il y a vingt ans, vous n'avez pas idée de comment c'était.

Morgane : Jusqu'à quand punirez-vous les gens pour ce qui s'est passé alors ?

Uther : Jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'il n'y a pas de place pour la magie dans mon
royaume ! Vous serez avec moi quand j'accueillerai dame Helen.

Morgane : Je vous l'ai dis, je ne veux pas participer à cette fête.

Uther (qui s'apprêtait à partir, se retourne) : Je suis votre tuteur ! Je suis en droit d'attendre que vous m'obéissiez. Si vous ne me respectez pas, respectez à tout le moins notre meilleur chanteuse.

Morgane : Plus vous serez cruel et plus vous vous créerez des ennemis.


FORET DE CAMELOT


Un campement est dressé, et l'on voit dame Helen dans une des tentes.


Dame Helen (chantant, s'interrompe en entendant des bruits) : Qui est-là ? Grégory ?

Grégory, le garde : Dame Helen ?

Dame Helen : Tout va bien ?

Grégory : Oui, Madame. Nous devrions atteindre Camelot demain en fin de journée.

Dame Helen (soulagée) : Excellent.

Grégory : Je suis là si vous avez besoin de moi.


(le garde repart, entend un bruit dans les bois et se dirige vers lui)


Grégory : Qui va là ? ...Qui va là ?


Dame Helen à nouveau dans sa tente, se retourne, voit une ombre et entend chanter. Elle se retrouve nez à nez avec la sorcière.


La Sorcière (murmurant) : Acualas sia tok (elle sort une poupée en paille et enfonce un objet dedans). Acualas sia tok (elle enfonce à nouveau l'objet dans la poupée). Acualas sia tok (elle enfonce une troisième et dernière fois l'objet).


Dame Helen agonisante, finit par tomber raide morte sur son lit, les yeux ouverts. La Sorcière s'assoit, prend dans ses mains une fiole, récite une incantation et finit par se transformer en Dame Helen.


CAMELOT

On voit Merlin endormi qui entend une voix qui répète son nom. Le jeune homme finit par se réveiller.


Gaïus : Je t'ai apporté de l'eau, tu ne t'es pas lavé hier soir.

Merlin : Je suis désolé.

Gaïus : Prends ton petit-déjeuner.


Merlin regarde d'un air dégouté la bouillie. Le médecin regarde discrètement Merlin et fait exprès de faire tomber le seau, afin de voir Merlin utiliser sa magie pour l'arrêter.


Gaïus : Oh...


Merlin relâche son attention en regardant Gaïus et le seau tombe pour de bon sur le sol.


Gaïus (étonné) : Comment as-tu fait ça ? Tu as récité une formule dans ta tête ?

Merlin : Oh non, je ne connais pas de formule.

Gaïus : Alors qu'est-ce que tu as fait ? Il doit y avoir quelque chose.

Merlin : Ça arrive comme ça. Je vais nettoyer.


Merlin va chercher la serpillière et commence à nettoyer.


Gaïus : Nous avons intérêt à t'éviter les ennuis. Tu peux m'aider jusqu'à ce que je te trouve un travail rémunéré. Tiens, de la guimauve et de la camomille pour Dame Perceval et ceci, c'est pour Sir Olwen. Il est aveugle comme une taupe, alors dis-lui bien de ne pas tout boire d'un coup.

Merlin : Entendu.

Gaïus : Prends ceci. (il tend un sandwich posé sur une assiette à Merlin qui sourit) Allez, file. Ah, an fait Merlin, inutile de te rappeler que la pratique d'une forme quelconque de magie t'amènera à une mort certaine.


Merlin se rend chez Sir Olwen et frappe à sa porte.


Merlin : Bonjour, je vous apporte votre remède. (Merlin prend la main de l'homme et lui donne le flacon)Tenez. (Sir Olwen ouvre le remède et commence à tout boire) Euh... Gaïus a dit de ne pas tout boire d'un... (il s'interrompe en le voyant faire, et finit par lui sourire) C'est très bien comme ça ; ça va aller.


CAMELOT (LA COUR)


Arthur : Et où est-elle cette cible ?

Serveur : Là, messire.

Arthur : Elle est à contre-jour.

Serveur : Mais le soleil n'est pas très  brillant.

Arthur : Un peu comme toi alors.

Serveur : Je vais la mettre de l'autre côté, messire.

Arthur (à ses camarades) : Je vais la lui donner sa leçon.



Arthur lance le couteau et le jeune homme prend peur.

Serveur : Hé, hé, attendez !

Arthur (se moquant) : Ne t'arrête pas ! Attention à toi, mon garçon !

Serveur : Ici ?

Arthur : J'ai dis : continue de bouger !


Pendant ce temps, une jeune servante est à une fenêtre et regarde ce qui se passe.


Arthur : Allez, bouge !

Serveur (prenant peur) : Mais...

Arthur (toujours moqueur) : Cours ! J'ai besoin de m'entraîner au tir sur cibles mouvantes.


Le serveur finit par tomber par terre et atterrit aux pieds de Merlin qui regardait.

Merlin : Bonjour. (s'adressant à Arthur sans savoir de qui il s'agit) Allez, maintenant, ça suffit.

Arthur (interloqué) : Quoi ? 

Merlin : Tu t'es assez amusé mon ami.

Arthur : On se connait ?

Merlin : Je suis Merlin.


Il tend sa main mais le prince n'y fait pas attention.


Arthur : Donc, je ne te connais pas.

Merlin : Non.

Arthur : Et pourtant, tu m'as appelé « mon ami » ?

Merlin : C'est une erreur de ma part.

Arthur : Oui, c'est c'que j'crois.

Merlin : Oui. Jamais je n'aurai pour ami quelqu'un d'aussi crétin.


Il commence à partir, mais Arthur l'interrompe.

Arthur : Et moi, j'n'aurai jamais pour ami quelqu'un d'aussi stupide. Dis-moi
Merlin, sais-tu marcher sur les genoux ?

Merlin : Non.

Arthur : Veux-tu que je t'apprenne ?

Merlin : A ta place, je n'en ferai rien.

Arthur (riant) : Pourquoi ? Qu'est-ce que tu vas me faire ?

Merlin : Tu ne peux pas imaginer.

Arthur : Vas-y, je t'en prie ! Frappe- moi. Frappe-moi. Frappe-moi !


Merlin regarde autour de lui, et finit par donner un coup de poing au prince qui l'arrête aisément, en maintenant Merlin par derrière. La jeune fille à la fenêtre, est horrifié.

Arthur : J'pourrai te faire jeter en prison pour ça.

Merlin : Pour qui tu te prends ? Pour le roi ?

Arthur : Non, seulement son fils... Arthur.

Le prince donne un coup de pied à Merlin qui tombe par terre. On le voit ensuite, entouré par deux gardes, être emmené dans les cachots.


CAMELOT


La nuit est tombé. On voit la sorcière déguisée en Dame Helen, arriver au château entouré de soldats. Elle rentre dans la salle du trône ou l'attendent le roi Uther et sa suite pour l’accueillir.


Uther (souriant) : Dame Helen. Merci infiniment de venir chanter à notre fête.

Dame Helen : Tout le plaisir est pour moi.

Uther : Avez-vous fait bon voyage ?

Dame Helen : Le temps a semblé long, Sir.


Le roi Uther prend les mains de la sorcière, sans se douter que c'est elle, et les embrasse.

Uther : Ça vaut toujours la peine d'attendre.

Dame Helen : On le verra bientôt.


Au petit matin, on voit Merlin endormi qui se trouve toujours dans le cachot. Il se réveille en sursaut lorsqu'il entend à nouveau la voix dans sa tête. La porte s'ouvre brusquement et le médecin arrive.


Gaïus : Merlin ! Tu... Ah... Tu ne cesseras vraiment jamais de m'étonner. La seule chose que tu devrais avoir en vue, c'est de ne pas te faire remarquer, et qu'est-ce que tu fais ? Tu te conduis comme un idiot !

Merlin (penaud) : Je suis désolé.

Gaïus : Tu as de la chance. J'ai réussi à user de mon influence pour te faire libérer.

Merlin (tout content) : Oh, merci, merci ! Jamais je ne l'oublierai.

Gaïus : Seulement, il y a un léger prix à payer.


Merlin est enfermé et enchainé au dehors, et les villageois en profitent pour lui lancer des fruits et légumes avariés.

Merlin : Oh non...



Gaïus le regarde en rigolant et s'en va.



Merlin (à Gaïus) : Merci !



On voit la jeune fille de la fenêtre se diriger vers Merlin qui la regarde.



Jeune fille : Je m'appelle Guenièvre, mais en général on m'appelle Gwen. Je suis la servante de Morgane.

Merlin : Je vois. Je m'appelle Merlin, mais en général on m'appelle simplement l'idiot.

Guenièvre : Non ! Non, non ! J'ai vu ce que tu as fait !

Merlin : Ah.

Guenièvre : C'était très courageux.

Merlin : C'était surtout stupide.

Guenièvre : Enfin, je suis contente que tu t'en sois tiré, tu ne pouvais pas le battre.

Merlin : Oh en fait, j'aurai pu le battre.

Guenièvre (étonnée) : Tu crois ? Parce que tu n'as pas l'air d'un de ces gros costauds pleins de muscles.

Merlin : Merci...

Guenièvre : Oh non non, tu es sûrement plus fort que tu ne le paraît ; c'est simplement que... Arthur est un de ces vrais durs à cuire du genre de ceux qui sauvent le monde et... Ben...

Merlin : Quoi ?

Guenièvre : Tu n'as pas cette allure-là.

Merlin : Psst (il fait signe à Guenièvre d'approcher). J'me suis déguisé.



Guenièvre se met à rire.

Merlin (en souriant ) : Ouais.

Guenièvre : En tout cas, c'est bien que tu lui ais tenu tête.

Merlin : Tu es sûre ?

Guenièvre : Arthur est un petit tyran, et tout le monde a trouvé que tu étais un héros.

Merlin : Ah oui ?

Guenièvre : Hum, hum.



Les villageois reviennent avec des paniers remplies de nourriture avariée.



Merlin : Ah... Excuse-moi Guenièvre, mon public s'impatiente.



Guenièvre s'en va et les villageois se remettent à balancer des fruits et légumes au visage du jeune magicien.


CAMELOT (APPARTEMENT DE GAIUS)

Gaïus (d'un air espiègle) : Tu veux un peu de légumes avec ça ?

Merlin : Je sais que vous êtes encore furieux contre moi.

Gaïus : Ta mère m'a demandé de bien veiller sur toi.

Merlin : Oui...

Gaïus : Qu'est-ce que ta mère t'a dit à propos de ces dons que tu détiens ?

Merlin : Que j'étais un garçon à part.

Gaïus : Ah ça oui, tu es à part. Des gens comme toi, je n'en ai encore jamais vu.

Merlin : Ce qui veux dire ?

Gaïus : Et bien, la magie requiert des incantations, des formules, il faut des années d'apprentissage. C'que je t'ai vu faire était... très simple, tout à fait instinctif.

Merlin : A quoi bon si je ne peux pas m'en servir ?

Gaïus : Ah... Ça c'est une chose que j'ignore. Tu es une question qui n'a encore jamais été posé, Merlin.

Merlin : Vous avez étudié la magie ?

Gaïus : Uther a proscrit tous les travaux de ce genre, il y a vingt ans.

Merlin : Pourquoi ?

Gaïus : On utilisait la magie dans un but néfaste à cette époque-là. Ça a plongé l'ordre naturel dans le chaos. Uther s'est donné comme mission d'anéantir tous les vestiges de ce temps-là, même les dragons.

Merlin (étonné) : Quoi ? Tous, sans exception ?

Gaius : Il y a un dragon qu'il a choisi de ne pas tuer. Il l'a gardé comme exemple. Il l'a emprisonné dans une caverne sous les profondeurs du château ; là où nul ne peut le délivrer. Maintenant, termine ton repas. Quand tu auras fini, tu  iras porter une préparation à Dame Helen, elle en a besoin pour sa voix.



APPARTEMENTS DE DAME HELEN

Merlin entre dans la chambre de la chanteuse avec la préparation à la main. Il jette un regard et s'en va poser le flacon sur la commode. Il voit la poupée de paille et un livre qui l'interpellent. Dame Helen arrive et le jeune magicien repose précipitamment le livre.



Dame Helen (intriguée) : Qu'est-ce que vous faites ici ?

Merlin : Je... Et bien... On m'a demandé de vous livrer ceci. (il tend le flacon à la femme, s'en va et s'arrête un instant dans le couloir comme pour réfléchir à ce qui vient de se passer)



COUR DE CAMELOT

Merlin marche et finit par rencontrer le prince auquel il ne prête pas attention, mais celui-ci l'interpelle.



Arthur : Alors, on a bien appris à marcher à genoux ? Ooh, ne te sauve pas !

Merlin : Je n'me sauve pas.

Arthur : Ah, dieu soit loué ! J'ai cru que t'étais sourd, en plus d'être muet et idiot !

Merlin : Ecoutez, j'vous ai dis que vous étiez un crétin. J'ignorais simplement que vous étiez un crétin royal.

Arthur : Aah...

Merlin : Wouoh... Qu'est-ce que vous allez faire ? Appeler les hommes de papa à la rescousse ?

Arthur (riant) : J'pourrai te réduire en miettes d'un coup de poing.

Merlin (moqueur) : J'peux vous réduire en miettes avec moins que ça.

Arthur : T'en es sûr ?



Merlin finit par enlever sa veste et le prince continue de rire, en lançant au jeune magicien une masse.



Arthur : Allez, attrape ça champion !



Merlin récupère maladroitement l'arme.



Arthur : Allez, viens te battre ! Je te préviens : j'ai été
dressé pour tuer depuis ma naissance.

Merlin : Et depuis quand on vous a dressé pour être un abruti ?

Arthur (moqueur) : Tu n'as pas le droit de me parler comme ça.

Merlin : Oh pardon. Depuis quand on vous a dressé pour être un abruti, mon seigneur ?



Arthur rit et finit par ouvrir le combat.



Arthur : Allez, attaque Merlin ! Attaque-moi !

(Arthur et Merlin continuent de se battre en bousculant tout sur leur passage, et on voit Gaïus observer la scène depuis sa fenêtre.)

Merlin (à lui-même) : Non !

Arthur (à Merlin tombé par terre) : Te voilà dans de beaux draps, maintenant.

Merlin (toujours à lui-même) : Oh non, non !



Le jeune homme finit par utiliser sa magie afin que l'arme du prince s'empêtre dans la marchandise d'un étal. Arthur finit par s'en dégager et Merlin utilise à nouveau la magie pour que cette fois-ci le jeune seigneur se prenne le pied dans une caisse en bois vide.



Arthur (criant de douleur) : Aaaah !



Arthur, en colère, frappe de plus belle mais finit par se prendre les pieds dans une corde tendue grâce à la magie de Merlin, et tombe.



Merlin (sûr de lui, brandit la masse) : Vous abandonnez ?

Arthur : Le crois-tu ?

Merlin : Oui. Vous abandonnez ?



Arthur finit par tomber à la renverse en se prenant à nouveau le pied dans un seau. Merlin sourit, content de sa victoire mais il aperçoit Gaïus parmi la foule et perd de sa superbe. Arthur en profite pour lui asséner un coup dans le dos puis dans le ventre et sur la tête avec le manche d'un balai, ce qui fait tomber le jeune magicien par terre. Deux soldats finissent par retenir Merlin pour l'emmener mais Arthur les en empêche.



Arthur : Attendez ! Lâchez-le. C'est peut-être un idiot, mais c'est un idiot courageux. Y a quelque chose chez toi, Merlin. Je n'arrive pas vraiment à dire ce que c'est.



APPARTEMENTS DE GAIUS



Gaïus (en colère) : Comment as-tu pu être aussi imprudent ?

Merlin : Il avait besoin d'une bonne leçon !

Gaïus : La magie doit être étudiée, maitrisée et employée pour le bien, pas pour des farces stupides !

Merlin : Qui a-t-il à maitriser ? Je savais déplacer des objets avant de savoir parler.

Gaïus : Alors maintenant, tu devrais savoir te contrôler !

Merlin : Je n'en ai pas envie ! Si on m'interdit la magie, qu'est-ce qui me reste ? Je n'suis qu'un moins que rien. Ca ne changera jamais. Si on m'interdit la magie, j'aime autant mourir.



Merlin s'en va triste dans sa chambre et finit par être rejoint par Gaïus.



Gaïus : Merlin ? Assieds-toi et enlève ta chemise.

Merlin : Vous ne savez pas pourquoi je suis né comme ça, dites-moi ?    Gaïus (après un court instant) : Non.

Merlin : Je n'suis pas un monstre, au moins ?

Gaïus : Ne pense jamais une chose pareille.

Merlin : Alors, pourquoi je suis comme ça ? Je vous en prie, j'ai besoin de savoir.

Gaïus : Dis-toi que peut-être, il y a quelqu'un qui a plus de connaissances que moi.

Merlin : Si vous ne le savez pas, personne ne le sait.

Gaïus : Bois ceci, ça apaisera ta douleur.



Gaïus s'en va et laisse Merlin seul, pensif.

SALLE A MANGER ROYALE

Le roi Uther dîne avec Dame Helen qui est en réalité la sorcière.



Uther : Chanterez-vous pour moi ce soir ?

Dame Helen : Vous devrez attendre, Sir.

Uther : Vous n'allez pas me refuser ?

Dame Helen : Je me réserve pour mon grand récital de demain.

Uther : Oh.

Dame Helen : Est-ce que tout le monde sera là ?

Uther : Qui oserait manquer un tel événement ?

Dame Helen : Et votre fils ? Quel dommage de ne pas l'avoir aperçu.

Uther : C'est Arthur tout craché.

Dame Helen : Pauvre garçon.

Uther : Hum ?

Dame Helen : Pauvre garçon. Ça n'a pas dû être facile de grandir en n'ayant pas de mère.

Uther : Non.

Dame Helen : Ce lien entre une mère et un fils... il est si dur à remplacer.

Uther : Ça n'a pas été facile.

Dame Helen : Je vous crois. (puis, souriante) Vous pourriez peut-être trouver quelqu'un ? Et vous remariez ? Vous pourriez avoir n'importe quelle dame qui vous plaît dans le royaume.

Uther : Oui... Je pourrai retrouver l'amour. Mais j'ai peur qu'il ne soit trop tard pour remplacer la mère d'Arthur.

Dame Helen : Oui... Bien sûr, il est trop tard pour Arthur.



Merlin est dans son lit et finit par être réveillé de nouveau par cette même voix qui n'arrête pas de murmurer son nom. Intrigué, il décide de sortir en cachette pour aller voir de quoi il s'agit. Il finit par arriver jusqu'aux cachots. Deux soldats jouent aux dés,
et il dévie leur attention en jetant les dés loin d'eux par magie. Ces derniers finissent par s'éloigner et Merlin en profite pour continuer son chemin vers les sous-sols. Il finit par atterrir dans une immense caverne et entend un rire grave.



CAVERNE DE CAMELOT

Merlin : Où êtes-vous ?



Un immense dragon finit par apparaître et atterrit devant le jeune magicien.

Grand Dragon : Je suis là.

Merlin d'abord effrayé, semble fasciné par celui-ci.

Grand Dragon : Comme tu es petit pour un aussi grand destin.

Merlin (fasciné) : Pourquoi ? Que voulez-vous dire ? Quel destin ?

Grand Dragon : Ton talent, Merlin, t'a été donné pour une raison.

Merlin : Alors, il y a une raison ?

Grand Dragon : Oui. Arthur est le roi présent et à venir qui va unifier la terre d'Albion.

Merlin : D'accord...

Grand Dragon : Mais il est confronté à de nombreuses menaces d'amis autant que d'ennemis.

Merlin : Je ne vois pas ce que ça a à voir avec moi.

Grand Dragon : Ça a tout à voir, car sans toi Arthur ne réussira jamais. Et sans toi, il n'y aura pas d'Albion.

Merlin : Non ! Ce que vous dites est faux !

Grand Dragon : Il n'y a pas de vrai ni de faux, seulement ce qui existe et ce qui n'existe pas.

Merlin : Mais je suis sérieux : s'il y a des gens qui veulent le tuer, ils peuvent le faire ! Je suis prêt à les aider.

Grand Dragon (riant) : Aucun de nous ne peut choisir son destin, Merlin. Et aucun de nous ne peut y échapper.

Merlin : Non... Pas question, non ! Non. Il doit y avoir un autre Arthur parce que celui-là est un crétin.

Grand Dragon : Peut-être est-ce ton destin que de changer ce détail ?



Le Grand Dragon se lève et finit par s'éloigner.



Merlin : Attendez ! Ne partez pas ! Revenez ! J'ai besoin d'en savoir plus !



CHAMBRE DE MERLIN

Gaïus entre dans la chambre du jeune homme et voit un véritable bazar.



Gaïus : Ah... Holà !

Merlin (endormi) : Hum...

Gaïus : Tu as vu dans quel état est cette chambre ?

Merlin : Euh... Ça arrive comme ça !

Gaïus : Par magie ?

Merlin : Ouais.

Gaïus : Ouais ? Et bien tu vas me ranger cette pagaille, sans magie ! Ensuite, tu iras me chercher des herbes : de la justiame, de l'armoise, de l'oseille et tu livreras ceci à
Morgane. La pauvre enfant souffre de cauchemars.

Merlin : Je sais ce qu'elle ressent.



Merlin se dirige vers les appartements de Morgane, afin de lui donner le remède concocté par Gaïus.

APPARTEMENTS DE MORGANE

Merlin entre dans la chambre de Morgane et reste bouche bée devant elle. La jeune femme ne le voit pas et parle de la fête qui va avoir lieu et d'Arthur en croyant discuter avec sa servante, Guenièvre.



Morgane : Tu sais ? J'ai réfléchis à propos d'Arthur. Je ne le toucherai même pas avec la hampe d'une lance. Passe-moi cette robe, tu veux, Guenièvre ? C'est vrai quoi, ce garçon n'est qu'un crétin de jouteur.



Merlin, ne sachant que faire, finit par la lui donner.



Morgane (croyant toujours parler à sa servante) : Ce n'est pas parce que je suis la pupille du roi que je suis obligée de l'accompagner à la fête, n'est-ce pas ? (n'entendant
aucune réponse) N'est-ce pas ?



Merlin, ne pouvant pas trahir sa présence, répond par bribes.



Merlin : Hum, hum.

Morgane : S'il voulait que j'y aille, il fallait qu'il m'invite. Et il ne l'a pas fait. Alors, tu sais ce que ça veut dire ?

Merlin : Hum, hum.

Morgane : Où es-tu ?

Merlin (essayant d'imiter Guenièvre) : Ici.

Morgane : Ça veut dire que j'irai toute seule.



Merlin s'apprête à partir, mais la jeune femme demande une chose.



Morgane : J'ai besoin d'aide pour agrafer la robe. Guenièvre ?



Guenièvre finit par apparaître, ce qui surprend Merlin qui se retourne vers elle.



Guenièvre : Je suis là ! (intriguée, parle tout bas) Qu'est-ce que...

Merlin (soulagé et parlant tout bas lui aussi) : J'ai apporté un remède... Tout va bien !



Guenièvre acquiesce pour lui signifier qu'elle a compris, et le jeune magicien s'en va sous le regard amusé de la servante. Morgane sort du paravent sans se douter de rien, et continue de parler.



Morgane (souriante) : Alors, est-ce que je mets cette petite robe décolletée ? Où je leur donne une soirée dont ils se souviendront vraiment ?


APPARTEMENTS DE DAME HELEN

Une jeune servante frappe à la porte en apportant une corbeille de fruits.



Jeune servante (ravie) : Dame Helen ? Avec les compliments du roi !

Dame Helen : Entrez. (elle observe une pomme) Comme c'est gentil. Comment pourrais-je le remercier ?

Jeune servante : Quand il vous entendra chanter, il sera amplement remercié, vous ne croyez pas ? J'attends avec impatience l'heure de votre récital.

Dame Helen : Moi également.

Jeune servante : J'adore chanter, vous savez ? Je chante tout le temps ! D'ailleurs, mon fiancée dit que j'ai la voix d'un ange déchu.



La servante enlève le drap qui cachait le miroir et découvre le véritable visage de la sorcière. Elle prend peur et se retourne vers la fausse Dame Helen qui la regarde calmement. La jeune fille essaie de s'enfuir mais la chanteuse la retient par le bras et
commence à fredonner, ce qui finit par tuer la servante.



GRANDE SALLE DE CAMELOT

La fête bat son plein et Gaïus et Merlin arrivent. Ce dernier entend Arthur se vanter des coups qui lui a asséné lors de leur petit combat, lorsque Morgane fait son entrée. Le prince, comme Merlin, en restent bouche bée et admiratifs.



Arthur (murmurant) : Seigneur dieu, miséricorde...



Gaïus voyant le jeune magicien la bouche complètement ouverte, le reprend.



Gaïus (doucement) : Merlin ! Souviens-toi que tu es ici pour travailler.

Merlin : Entendu.



Arthur se dirige vers Morgane en lui faisant des compliments. Pendant ce temps, Guenièvre rejoint Merlin en souriant et regardant Morgane.



Guenièvre : N'est-ce pas qu'elle a de l'allure ?

Merlin (regardant à son tour) : Oui...

Guenièvre : Certaines femmes sont vraiment nées pour être reine.

Merlin : Non.

Guenièvre : Oh. C'est ce que j'espère, un jour. Mais je ne lui envie pas sa place : qui voudrait épouser Arthur ?

Merlin : Allons Guenièvre, j'croyais que tu aimais les vrais durs à cuire qui sauvent le monde.

Guenièvre : Non ! Je préfère les hommes ordinaires comme toi !



Merlin rit.



Merlin : Guenièvre, crois-moi, je ne suis pas ordinaire.

Guenièvre : Non. Quand j'ai dis toi, je ne parle pas... de toi. Mais juste... Tu vois, j'aime les hommes qui sont plus ordinaires, comme... toi.

Merlin : Merci...



On voit la sorcière déguisée en Dame Helen se préparer dans sa chambre, puis en sortir. A nouveau, la salle de réception où un homme sonne du cor pour annoncer le roi Uther. Tout le monde va rejoindre sa place.



Uther : Nous avons bénéficié de vingt années de paix et de prospérité. Elles ont apporté au royaume et à moi-même de nombreux plaisirs. Mais bien peu peuvent se comparer au grand honneur de vous présenter... Dame Helen de Mora.



Toute l'assistance applaudit la venue de la chanteuse, et le roi s'en va se mettre à sa place. Dame Helen se met à chanter. Tout le monde se met à dodeliner de la tête, prêt à s'endormir car le sort de la sorcière commence à faire son effet. Pendant ce temps, elle avance inexorablement vers le roi et le prince. Merlin voit et devine le stratagème, et essaie de se boucher les oreilles. Des toiles d'araignée finissent par apparaître sur les personnes endormies. Merlin aperçoit le regard de Dame Helen et la voit sortir
un couteau dans l'intention de tuer Arthur. Il fait appel à la magie afin de faire tomber le lustre sur la sorcière, ce qui l'a tue et fait ressortir son vrai visage. L'enchantement rompu, tout le monde se réveille et découvre la supercherie. La sorcière se relève une
dernière fois et lance le couteau. Merlin utilise une nouvelle fois sa magie afin de ralentir le temps et d'aller secourir Arthur en le mettant à terre.



Arthur regarde, étonné, Merlin qui vient de lui sauver la vie.



Uther (s'adressant à Merlin) : Tu as sauvé la vie de mon fils. Je m'acquitterai de cette dette.

Merlin : Humpf... Et bien...

Uther : Ne sois pas si modeste, tu auras ta récompense.

Merlin : Non, j'vous assure. Vous n'êtes pas obligé Altesse.

Uther : Oh mais si, absolument. Ceci mérite une faveur très spéciale.

Merlin : Et bien...

Uther : Tu seras gratifié d'un poste dans la maison royale. Tu seras le valet de chambre du prince Arthur.



Tout le monde applaudit et on voit Gaïus sourir. Arthur, lui, est atterré.



Arthur : Père...



Les deux jeunes hommes se regardent un court instant, puis détournent leur visage.



CHAMBRE DE MERLIN

Merlin est assit à son bureau, l'air pensif. Gaïus frappe à la porte puis entre, en tenant un objet dans les mains.



Gaïus : Apparemment, tu es un héros !

Merlin : Difficile à croire, n'est-ce pas?

Gaïus : Non ! Je l'ai su dès que je t'ai aperçue. Tu m'as sauvé la vie, rappelle-toi.

Merlin : Mais... C'était de la magie.

Gaïus (acquiesce) : Et maintenant, il semble que tu lui ai enfin trouvé un usage approprié.

Merlin : Que voulez-vous dire ?

Gaïus : J'ai vu comment tu as sauvé la vie d'Arthur.

Merlin : Oh non...

Gaïus (l'interrompant) : Peut-être que c'est à cela qu'elle doit servir.

Merlin : Mon destin ?

Gaïus : Effectivement. Ce livre m'a été donné quand j'avais ton âge. (il tend l'objet qui s'avère donc être un livre au jeune homme). Mais j'ai l'impression qu'il sera plus utile pour toi, qu'il ne l'a été pour moi.



Merlin, intrigué, regarde le vieil homme puis ouvre le livre pour le découvrir.



Merlin (content) : Mais c'est un livre de magie !

Gaïus : C'est pourquoi tu dois le tenir caché.

Merlin : J'en étudierai chaque mot.



Un valet frappe à la porte et s'adresse à Merlin.



Valet : Merlin ! Le Prince Arthur vous demande immédiatement.

Gaïus : Ton destin t'appelle. Dépêche-toi d'aller voir ce qu'il veut !



Merlin, tout sourire, regarde Gaïus et s'en va.

GENERIQUE DE FIN.